Retour dans le temps pour mieux comprendre la naturopathie
La médecine traditionnelle est la base de la médecine moderne et trouve ses racines à l’aube de notre histoire, probablement dans l’Inde actuelle. C’est la médecine ayurvédique qui est aujourd’hui considérée comme la plus ancienne et à l’origine des médecines chinoise, tibétaine, européenne et arabe. Les médecines traditionnelles ont évolué dans la culture mésopotamienne entre 4000-3000 avant J.C. et dans les empires babylonien et assyrien entre 2000-1000 avant J.C..
Puis la philosophie de la Grèce antique ouvre la voie à la théorie des humeurs avec Empédocles 500 ans avant J.C., selon laquelle les éléments eau, terre, feu et air sont représentés dans notre corps. La tradition européenne dans laquelle s’inscrit cette discipline que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de naturopathie date du temps d’Hippocrate (environ 400 ans avant J.C.). Certains s’accordent à dire que ce précurseur de la médecine moderne n’était pas une personne mais plutôt un mouvement de praticiens de santé adhérant tous à un credo commun. Quelle que soit son identité, Hippocrate et ses contemporains approfondirent le concept des humeurs, selon lequel un déséquilibre de ces humeurs induit la maladie.
Peu à peu ces connaissances arrivent dans l'empire romain avec Dioscoride qui écrit "de materia medica", l'ouvrage de référence des médecins pour les prochaines 1500 années! Après l’épidémie de peste en 543 de notre ère, la médecine traditionnelle européenne antique connaît un déclin et laisse la place à la médecine arabe. Vers l’an 1000 après J.C. Avicenne se profile comme le savant universel et le philosophe-médecin reconnu dans tout le monde perse et européen. Il est aussi important de noter que la christianisation de l’Europe a contribué à la sauvegarde des connaissances médicinales grâce au recopiage assidu effectué par les moines de bon nombre d’ouvrages. Une abbesse de cette époque reste très connue: Hildegard de Bingen.
Malheureusement la chasse aux sorcières du Moyen-Âge va ensuite contribuer à la perte de beaucoup de savoir médical et il faut attendre Paracelse au 16è siècle pour reconstituer et approfondir les connaissances de l’époque. Ce dernier introduit notamment le concept de micro- et macrocosme dont l’homme fait partie. A partir du 18è siècle la révolution scientifique, l’industrialisation, la rationalisation et la matérialisation orientent la société vers l’innovation et les médecines naturelles perdent en intérêt.
Dès 1858 Rudolf Virchow amorce le passage vers la médecine contemporaine, selon laquelle la maladie n'a lieu que dans les cellules: une approche clairement centrée sur la matière, par opposition à une approche holistique de la santé. Mais alors même que le savoir empirique perd en importance, des écrivains, hydrothérapeutes, pasteurs, nutritionnistes et thérapeutes portent leurs connaissances des remèdes naturels sur le devant de la scène et influencent la naturopathie jusqu'à nos jours: il s’agit de Goethe, Priessnitz, Kneipp, Felke, Bircher-Benner, Künzler, Steiner ou encore Bach.
Le 20è siècle fait la part belle à la médecine allopathique avec des avancées incontestables dans le domaine des urgences, de la chirurgie, de l’antibiothérapie, de la virologie et est soutenue par des techniques de diagnostic de plus en plus pointues. Cependant, en raison de sa méthodologie analytique, linéaire et symptomatique, les maladies chroniques et dégénératives, tels les cancers, les maladies auto-immunes et nerveuses se développent de plus en plus. En résulte le désir croissant d’une part de la population de retrouver une médecine plus humaine et plus proche des lois de la nature.
Pour en savoir plus sur le concept de la médecine européenne traditionnelle, pensez à lire cet article!