…repose à l’origine sur les 4 éléments terre, air, eau, feu qui se retrouvent à l’extérieur comme à l’intérieur de notre organisme.
Vol d'oiseau sur les concepts, diagnostics et thérapies naturopathiques
Il s’agit ici de principes symboliques élaborés par nos anciens en Grèce antique leur permettant de comprendre le monde dans ses dimensions physique et métaphysique. Dans notre organisme, ces éléments se nomment humeurs: le sang, la lymphe, la bile jaune et la bile noire ou atrabile et possèdent 4 qualités: chaud ou froid, sec ou humide qui peuvent être en manque ou en surplus. A nouveau, il s’agit du symbole, et non de la matière. Le symbole étant invisible, c’est la nature de la maladie qui va révéler quelle humeur est déséquilibrée. Voici quelques exemples pour illustrer ce concept: un état de surchauffe, par exemple une inflammation (humeur dominante: bile), de manque de chaleur, tel certains problèmes digestifs (humeur déficitaire: sang), un excès d’humidité à l’image des oedèmes (humeur dominante: lymphe) ou encore un manque d’humidité se manifestant par une arthrose (humeur dominante: atrabile). Une fois l’humeur identifiée, le praticien va s’atteler à rétablir l’équilibre original par le biais de méthodes naturelles stabilisantes et dépuratives. Cet équilibre peut être différent d’une personne à l’autre, car chaque personne dispose d’un tempérament et d’une constitution qui lui sont propres. Ces derniers ont été répertoriés en détail et définissent entre autres les prédispositions génétiques des individus. Je les aborde dans un autre article. Outre l’excès ou le manque de certaines humeurs, des colles ou du mucus peuvent s’accumuler dans le corps, venant ainsi exacerber une symptomatique existante et entraver le bon fonctionnement de nos organes. Tout l’art du thérapeute consiste ensuite à déchiffrer ces indices afin de mettre en place un suivi thérapeutique approprié et surtout individualisé.
Que peut-on diagnostiquer en naturopathie?
Les méthodes vont de la traditionnelle prise du pouls et l’examen de la langue, similaires à la médecine chinoise, à l’iridologie, une technique plus récente qui a vu le jour au 19è siècle. L’examen de l’urine est plus rare mais peut s’avérer pertinent dans certains cas. Des analyses capillaires ou encore des selles sont également utilisées fréquemment pour détecter des carences en minéraux et déterminer la composition du microbiote. Enfin des soins comme la réflexologie plantaire, qui sont a priori des thérapies, peuvent servir d’outil diagnostique lorsque les zones réflexes indiquent par exemple un organe à soutenir. Cependant, à l’inverse de la médecine moderne, le diagnostic naturopathique ne permet pas de diagnostiquer une maladie. Et c’est là une différence majeure. Leur usage donne uniquement des indices révélateurs qui seront des pistes d’autant plus pertinentes pour le naturopathe lorsque plusieurs de ces outils pointent dans la même direction. Le thérapeute y décèle entre autres la constitution de son patient, la nature de ses symptômes et de sa maladie et formule une hypothèse de laquelle découlent les lignes directrices de l’accompagnement thérapeutique.
De très nombreuses thérapies naturopathiques
Venons-en maintenant aux nombreuses thérapies naturopathiques! Le thérapeute a souvent recours à un changement d'hygiène de vie, passant par un ajustement des habitudes alimentaires, accompagné de plantes médicinales, d’homéopathie, de fleurs de Bach, de sels minéraux... Et encore des techniques manuelles comme les cataplasmes, la technique de Baunscheidt, un genre d'acupuncture européenne, les ventouses, les sangsues, les massages relaxants, médicinaux ou réflexologiques. Comme toute chose, ces aliments, plantes et techniques manuelles sont régis par la loi des 4 éléments terre, air, eau et feu. Dans la tradition hippocratique, le naturopathe utilise le pôle opposé de l’élément causant la maladie pour ramener le patient dans son équilibre individuel et assainir son terrain. Cependant il existe différents courants de pensée au sein de la pratique et tous les thérapeutes n’adhèrent pas forcément à la symbolique des humeurs. D’autre part, il est très courant d’associer les techniques médicales et nutritionnelles plus poussées du 21è siècle au savoir traditionnel. En micronutrition par exemple, il n’est pas rare d’avoir recours à l’analyse capillaire ou des selles pour déterminer une éventuelle exposition aux métaux lourds, des carences en minéraux et oligo-éléments et pour juger de la composition de la flore intestinale. Cela permet de mettre sur pied une cure de détox et une supplémentation sur mesure, dans le cadre d’un coaching en nutrition individualisé, par exemple.
Points communs différences apparentes des médecines traditionnelles
La médecine traditionnelle constituait la médecine principale pratiquée en Europe il y a encore moins de 200 ans. Comme nous l’avons vu, elle a peu à peu fait place à la médecine allopathique au siècle dernier, et ce n’est que depuis quelques années qu’elle connaît un regain d’énergie. Les écoles de naturopathie concentrent leur offre sur des méthodes allant de la phytothérapie, ou médecine par les plantes, à l’hydrothérapie en passant par des méthodes de détoxination variées ainsi que la nutrition qui se décline en d’innombrables cures selon les troubles rencontrés. Il est à noter aussi qu’il y a une grande hétérogénéité dans les pratiques naturopathiques, à l’inverse de l’Ayurvéda ou de la médecine traditionnelle chinoise. Je pense par exemple à l’hygiénisme, au végétalisme, au crudivorisme, aux méthodes de relaxation, de renforcement musculaire,...
En dépit de tous ces courants et pratiques qui peuvent donner une impression morcelée, gardons à l’esprit que toutes les médecines traditionnelles (chinoise, ayurvédique, tibétaine, arabe, européenne) encouragent le retour à la santé par des moyens naturels. La prévention y joue un rôle important. L’individu est pris en compte dans son corps, son âme et son esprit, comme faisant partie d’un tout. Ce qui existe à l’échelle du microcosme se retrouve dans le macrocosme et le patient est lui aussi soumis à cette hiérarchie. On comprend mieux alors l’importance accordée à l’assainissement du terrain plutôt qu’au seul traitement symptomatique. Chacune de ces traditions reprend dans ses propres termes et dans son schéma philosophique les principes symboliques des éléments. Les moyens déployés et les plantes utilisées sont régionales, mais le but recherché est le même.
Enfin, les médecines traditionnelles se distinguent de la médecine allopathique, moderne, conventionnelle, qui est fondée sur des preuves scientifiques et où seul le corps physique fait l’objet des traitements.
Ce qu’il faut retenir